Les dégradation de l’environnement à Madagascar

RATSIMANDRESY Tolotra Fanambinantsoa
3ième Année Environnement
Option : Conservation et Valorisation de Biodiversité

Exposé : ECOLOGIE VEGETALE

LES DEGRADATIONS DE L’ENVIRONNEMENT A
MADAGASCAR

LA SITUATION GENERALE DE LA FORESTERIE ET DE L’UTILISATION DES TERRES
Afin d’assurer la conservation des forêts primaires, 1,5 millions d’hectares, 2,5% du territoire, sont classés en réserves et en parcs nationaux et 6,4 millions d’hectares, 10,84% du territoire, sont dotés d’un statut de « Forêts classées ». Si ces dernières sont l’objet d’exploitations forestières futures, les réserves et les parcs nationaux ne le sont pas.
Le pays a également une biodiversité très riche et de merveilleux sites naturels dont une exploitation rationnelle pourra contribuer à la diversification de ses revenus. Mais l’exploitation forestière est à l’heure actuelle un secteur où se posent d’énormes problèmes. Les méthodes d’exploitation forestière demeurent traditionnelles et de rendement faible.
En ce qui concerne l’utilisation des terres, celles-ci sont réparties en terres agricoles, pastorales et forestières. Les terres agricoles sont constituées par les bas-fonds, les tiers inférieurs des pentes et les plateaux. Elles sont destinées aux cultures vivrières, telles que le riz, et aux cultures industrielles (coton, café, canne à sucre, etc.). Les cultures peuvent être pratiquées sur terrain dénudé ou en sous bois (par exemple, la vanille et le poivre).
En outre, on distingue également des zones d’installation, des zones de production, des zones de parcours, et des zones forestières de prélèvement. Les zones d’installation sont destinées aux diverses installations et aux infrastructures nécessaires à l’accomplissement des activités des paysans : habitation, grenier, parc à bœufs, porcherie, château d’eau, école, église, etc. Les zones de production sont généralement contiguës aux zones d’installation. Elles sont réservées à la production agricole et animale. Les zones de parcours sont des espaces de transhumance des bovins, des ovins et des caprins ; elles constituent également des pâturages. Les zones forestières de prélèvement sont des surfaces de territoire où les paysans peuvent exercer leur droit d’usage sur les produits secondaires des forêts.

CAUSES DE LA DEGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT
Ensuite, nous parlons maintenant les causes de la dégradation de l’environnement. Parmi les facteurs de dégradation, les feux jouent un rôle important. Il existe plusieurs types de feux comme les feux involontaires ou accidentels et les feux intentionnels.
D’abord, les feux involontaires ou accidentels : la foudre est très inquiétante pendant la saison des pluies, elle peut incendier une forêt. Les mégots ou tiges d’allumettes non étreints et jetés par imprudence provoquent aussi les feux des forêts, des savanes et les feux des pâturages dans le but de renouveler la végétation ou avec le désir d’avoir les pâturages plus étendus.
Ensuite, les feux intentionnels : leurs causes sont d’origine politique, c’est-à-dire certaines personnes manifestent leur mécontentement par le feu de brousse.
Considérons comme principales causes aussi la déforestation qui s’effectue à tel rythme qu’elle a pris les dimensions d’une catastrophe écologique.
Les principales causes de la déforestation sont l’exploitation irrationnelle et abusive de la forêt en tant que :
matière première : C’est-à-dire la forêt constitue la principale source de bois d’œuvre pour la menuiserie et pour les matériaux de construction, pour le bois de chauffage et à charbon,…
Et la défriche de la forêt afin d’obtenir des nouvelles terres pour l’agriculture et l’élevage.
Faute de plaine, l’agriculture dans l’Est est surtout pratiquée sur les tavy. Les paysans défrichent et brûlent une parcelle de forêt et y cultivent surtout du riz. Quand le sol s’appauvrit les paysans le laissent se reposer et s’attaquent à d’autres parcelles.
Cette pratique détruit chaque année environs 150 000 à 200 000 hectares de forêt.
Le surpâturage du sous-bois et le pâturage en forêt : La forêt est un endroit idéal de pâturage car les espèces fourragères et les jeunes plantes y abondent. A l’intérieur de la forêt, les troupeaux piétinent et broutent les jeunes plantes du sous-bois ou les feuillages des arbres. Ils contribuent ainsi à la dégradation de la forêt.
La collection des plantes ornementales : L’homme est le premier responsable de la destruction de la couverture végétale.
La conversion des forêts en terre agricole : les ressources forestières disparaissent en raison de la conversion des forêts, pour d’autre utilisation, à savoir l’agriculture et l’urbanisation.
L’exploitation des produits forestiers non ligneux : ceux-ci représente une diversité des matériaux dont la nourriture, la médecine, les épices, les huiles essentielles,…
Le commerce des espèces sauvages : les trafics de faune et flore constituent un danger qui se propage dans toutes les institutions locales, régionales et internationales. Par exemple, ici à Madagascar, diverses espèces de caméléons, d’amphibiens et d’insectes, de reptiles, d’oiseaux sont capturées vivantes pour le marché international.
Ajoutons aussi comme causes structurelles. Tout d’abord, le déséquilibre entre la croissance démographique et la croissance économique. Notamment la mauvaise répartition de la population a entrainé des pressions démographiques très importantes au niveau des zones de production agricole et des zones d’exploitation des ressources naturelles.
Puis, les changements profonds de l’administration publique. C’est-à-dire les changements apportés dans l’administration traduisant les principes de démocratisation et de décentralisation ont été mal compris par la population. Les gens ont interprété la démocratisation comme une libération individuelle ou collective débridée. Ainsi la responsabilisation des collectivités de base s’est soldée par un délabrement de la morale publique et par une désaffection de l’application des lois existantes.
CONSEQUENCES DE LA DEGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT

La baisse continue de la quantité de l’environnement ainsi qu’une régression quantitative des formations naturelles, en particulier de la forêt primaire, l’habitat de grande partie de la faune et de la flore qui donnent le caractère unique de la biodiversité.
Le couvert forestier recule sous la pression conjuguée des défrichements pour la culture itinérante, du prélèvement de combustibles ligneux et de la surexploitation du bois d’œuvre.
L’érosion présente une épaisseur sur les hautes terres parce que les sols ferralitiques peuvent atteindre 10 à 30 mètres. L’érosion très forte qui laisse des traces en toute région de l’Ile.
On ajoute que la forêt constitue avant tout un habitat par excellence pour plusieurs espèces animales et végétales. Elle intervient dans la régulation du cycle de l’eau, stabilise aussi le sol par l’intermédiaire des systèmes racinaires des arbres et assure le recyclage quasi parfait des éléments minéraux nutritifs.
Cela implique que le défrichement provoque le déclenchement de l’érosion, les ravinements dangereux, la montée des rats dans les habitations, la rupture écologique (proie- prédateurs), la destruction des ouvrages situées en aval, l’envasement des barrages, l’ensablement des bas fonds (une bonne partie des terrains agricoles, infrastructures,…)
CONTRAINTES ECOLOGIQUES DE FORETS SECONDAIRES
Dans leur phase de formation, les forêts secondaires connaissent d’abord une baisse de substances nutritives qu’elles accumulent très vite. Ce n’est qu’avec le temps que la prise de substances nutritives est moins élevée et atteint enfin un équilibre des flux où les substances nutritives sont libérées équitablement par des processus de décompostage et sont reprises par l’accumulation de biomasse.
CARACTERISTIQUES DES DIFFERENTS TYPES DE FORETS SECONDAIRES
La superficie des forêts secondaires varie entre 2 et 3 millions d’hectares. Les facteurs qui affectent cette superficie sont le défrichement des forêts primaires, la dégradation des forêts secondaires existantes et la surexploitation des produits forestiers non ligneux.

Les forêts secondaires après exploitation
Les forêts secondaires après exploitation résultent d’une exploitation généralement abusive et illicite des forêts : après l’exploitation régulière des essences de valeur et avant que la forêt ne se régénère, des perches et d’autres arbres de moindre valeur sont exploités pour le bois de feu et la fabrication du charbon de bois. La forêt se caractérise, pour ces raisons, par l’absence de grands arbres de valeur et la présence d’arbres de moins de 15 m de haut et de diamètre inférieur à 20 cm qui ont auparavant constitué le sous-bois. Les semis naturels sont limités ; les broussailles, nombreuses. Les essences végétales qui se rencontrent fréquemment dans les forêts secondaires après exploitation sont:
Stereospermum euphoroïdes (Mangarahara) , Croton spp. (Molanga), Brachylaena ramiflora (Merana),Weinmania spp. (Lalona),Bombeya spp. (Hafotra), Trema orientalis (Tsivakimbaratra),Tamarindus indica (Madiro), Adina microcephala (Sohihy),Tambourissa trichophylla (Ambora),Dalbergia spp. (Voamboana),Dracaena spp. (Hasina),Pandanus spp. (Fandrana),Nixia capitata (Valanirana),Anthocleista madagascariensis (Landemy)
Les forêts secondaires dans des jachères laissées par l’agriculture itinérante
Ces formations forestières se rencontrent, principalement mais non exclusivement, sur la côte Est malagasy. La couverture forestière est dense, le taux de boisement élevé et, par endroit, les bas-fonds susceptibles d’être aménagés en rizières font défaut. Les paysans pratiquent généralement les cultures itinérantes sur brûlis. Après les défrichements, les formations forestières secondaires s’installent. Si les bois précieux et les bois d’œuvre sont rares, les perches et les produits accessoires (feuilles et troncs des ravenala, plantes médicinales, plantes vivrières, etc.) sont, en revanche, abondants. L’âge et la composition spécifique distinguent les différentes formations forestières secondaires dans des jachères laissées par l’agriculture itinérante qui sont appelées aussi « savoka ».
D’après leur composition spécifique, on distingue :
Les savoka de Mokonazy de la côte ouest malagasy (Ziziphus bijuga), les savoka à Biraho (Cassia spp.), les savoka à Ravenala (Ravenala madagascariensis), les savoka à Sevabe (Solanum auriculatum), les savoka à Harongana (Harungana madagascariensis), les savoka à Dingadingana (Psiada altissima), les savoka à Bambous (Diverses espèces de bambous : Arundinaria spp.), les savoka de Satrana de la côte Ouest malagasy (Medemia nobilis et Hyphaene shatan).
Les forêts secondaires remises en état et celles après incendie
D’une manière générale, à Madagascar, l’incendie des forêts résulte de la divagation des feux de défrichement et des feux de brousse. Selon l’intensité des feux et la superficie incendiée, la forêt peut être complètement ou partiellement détruite. Dans les deux cas, certaines essences de valeur disparaissent après le passage des feux. Puis les essences pionnières, telles que Ravenala madagascariensis ou Solanum auriculatum, conquièrent l’espace, recréent l’atmosphère forestière favorable à la repousse d’autres espèces ; ce processus se poursuit jusqu’à la régénération de la forêt. Si rien ne vient le perturber, la forêt se régénère. A 10 ans, elle possède des arbres d’une grande valeur économique.
Forêts secondaires après l’abandon d’autres utilisations des terres
Ces forêts sont rares ; elles apparaissent dans les zones forestières après une exploitation minière, souvent illicite. Le sol défriché et remué par les travaux d’extraction minière est laissé au repos. Avant que n’apparaissent les espèces ligneuses, les broussailles s’installent. Puis, des formations généralement constituées de gaules et de perches sans valeur économique occupent l’espace. A terme (10 à 20 ans), des essences secondaires, telles que le Ravenala madagascariensis et les Bambous conquièrent le terrain et favorisent la régénération de la forêt.
IMPACT SUR LA BIODIVERSITE
Le changement climatique peut affecter la diversité biologique sur leur phénologie (étude de l’influence des climats sur les phénomènes biologiques saisonniers végétaux : feuillaison, floraison, etc.) et animaux (migration, hibernation, etc.), la distribution des espèces (par exemple, les migrations des insectes, les fonctionnements basées sur les interactions des espèces perturbées).
Premièrement, l’apparition des espèces envahissantes. Ainsi les hommes transportent des espèces partout dans le monde, mettant ainsi en danger l’évolution des nouvelles espèces et perturber le processus normal de l’évolution.
Par exemple, le domaine de l’Est de Madagascar reste la région la plus touchée par l’envahissement car il y a de l’introduction massive d’autres espèces. C’est très néfaste sur la biodiversité endémique.
Prenons aussi le cas de Psidium cattleyanum (Goyavier de Chine) ; est une espèce introduite à Madagascar. Dans la Parc National de Ranomafana, les lémuriens se nourrissent des fruits de Psidium cattleyanum probablement en dehors du parc au début, puis déplace à l’intérieur du parc. Cette espèce de plante est alors en phase de dispersion ou d’établissement dans plusieurs endroits du parc.

SOLUTION POUR REDUIRE LA DEGRADATION
Pour sauver les forêts, il faut : d’abord, sauver ce qui reste, ensuite apprendre aux autres l’importance de l’environnement et comment ils peuvent aider à sauver les forêts. En outre, réparer les écosystèmes endommagés en plantant des arbres là ou les forêts ont été coupées, encourager les gens à vivre d’une manière qui ne fait pas de mal à l’environnement, établir des parcs pour protéger les forêts et la vie sauvages et enfin supporter les sociétés qui opèrent de manière à minimiser les dégâts à causés l’environnement.
Promouvoir l’écotourisme : c’est peut être les meilleurs espoirs de développement de l’économie dans certains régions.
Développer les ressources humaines (en renforçant la sensibilisation et la formation des populations; en suscitant la participation de la population notamment en renforçant les mouvements associatifs pour compléter, soutenir ou parfaire la capacité de gestion publique; en « moralisant la vie publique » par rapport à notre culture, notre législation, notre besoin de développement,…)
Promouvoir un développement durable, équitable et bien réparti sur le territoire national (en inventoriant les ressources naturelles pour les gérer et planifier judicieusement leur utilisation; en économisant les ressources naturelles; en mieux valorisant les ressources naturelles locales)
Réhabiliter, conserver et gérer le patrimoine malagasy de biodiversité qui est unique au monde et y appuyer le développement d’un tourisme écologique.
Améliorer le cadre de vie des populations rurales et urbaines afin qu’elles puissent bénéficier d’une amélioration sensible des conditions de vie quotidienne.
Veiller à maintenir l’équilibre entre croissance de la population et développement des ressources.
Les conditions de réussite pour la protection de l’environnement
Pour donner le maximum de chance de réussite à protection et conservation de l’environnement, les conditions suivantes devront être remplies préalablement:
Dynamiser le cadre institutionnel en insufflant un esprit nouveau aux institutions existantes et leur faire prendre conscience de leurs responsabilités respectives pour mieux préserver et gérer l’environnement
Désengager l’Etat. Le rôle de l’Etat est de définir la politique, de développer les incitations nécessaires, de suivre et d’évaluer les actions sur terrain. Il appartient aux opérateurs privés, les associations d’usagers, les ONG et les entreprises privées – de préserver et mettre en valeur les ressources du pays.
Améliorer les outils de maîtrise de l’évolution de notre environnement, affiner notre politique et pouvoir agir en temps opportun.
Développer la recherche finalisée dans le domaine de l’environnement.
Définir une politique de la population claire et applicable en vue de quantifier et qualifier les besoins réels prévisibles de la nation.
Assainir les relations entre l’homme et son espace en réglant les problèmes de sécurisation foncière.

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Comments
One Response to “Les dégradation de l’environnement à Madagascar”
  1. Voahangy Rahaniraka dit :

    Depuis 2010 le feu de brousse était vraiment catastrophe,et je n’ose pas à dire que c’étaient des feux à volontés.

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